Le patrimoine béarnais




Nombreux sont les monuments historiques en Béarn. Le château de Bellocq, le château de Pau, la Tour Moncade à Orthez, l'’église d’'Hôpital-d'’Orion, la chapelle de Laruns, etc. Autant de traces d'’une histoire intense.

Les Romains ont construit des routes pour faciliter la communication des villes, les princes béarnais ont amélioré le réseau pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Mais le Béarn, c'’est aussi cette maison typique brute et solide, au toit droit d'’un côté et cassé de l'’autre. L'’architecture diffère bien sûr selon l'’emplacement dans le Béarn, de la montagne à la plaine.

C'’est cette langue fière et chantante, toujours parlée aujourd’hui et aux expressions inébranlables du type "Hilh de Pute Macarew", "Diù Vivan", "A hum de calhau" ou "Adishatz". Source de nombreux contes et légendes.

Et bien évidemment les chansons béarnaises qui en découlent. Le chant est une des forces du Béarn. Tous les béarnais connaissent Aqueros Mountanès ou l’'Immortelà. Aucun repas ne se passe sans qu’'un cantayre ouvre la voi(x)e.

Ce sont bien évidemment les montagnes protectrices et muses, les grottes de nos ancêtres, la culture de la chasse et de la pêche, mais aussi cette gastronomie riche et multiple : foie gras, magret de canard, poule au pot, garbure, vins et fromages.

Le Béarn, c'’est surtout la convivialité, l’'esprit de fête, de solidarité. Le Béarn, ce sont les Béarnais qui le composent, des paysans aux plus célèbres.

Visite d'’une région hors normes.



Patrimoine matériel




Le petit train d'Artouste

Incontournable, le petit train d’Artouste est le plus haut train d’Europe sans électricité, ni crémaillère (2000 mètres d’altitude). Son histoire commence en 1921 lors de la construction d’un barrage en vallée d’Ossau qui alimentera par la suite les usines hydroélectriques de la région. Les ouvriers doivent pouvoir monter facilement au barrage, on décide donc la construction du train. 10 km de voie ferrée sont taillées dans le roc, à flanc de montagne, 600 mètres au-dessus de la vallée du Soussouéou. Les rails ne font que 50cm de large. Pendant cinq ans, il véhicule hommes, matériel et ravitaillement. Il est ensuite utilisé pour la maintenance des installations hydrauliques.

Dès 1932, le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques et la Compagnie des Chemins de Fer du Midi exploitent le train à des fins touristiques. L’idée, permettre aux touristes d’accéder aux sites plus facilement. Des sièges en bois sont d’ailleurs ajoutés. Et ça marche. Dans un premier temps, il ne circule que le dimanche, mais le succès se fait vite sentir. Les touristes se ruent dans le petit train d’Artouste pour admirer la flore et la faune locale. A la fin des années 50, avec un téléphérique moderne et flambant neuf, le succès grandit. Puis, fin des années 60, la vallée se dote d’une station de ski. L’hiver, le train tracte les skieurs, l’été les randonneurs. Jusqu’à la mise en place de la télécabine de la Sagette en 1987. Après cette date, le train ne circule plus que l’été.

Le départ se fait au lac de Fabrèges et passe par l’étroit tunnel de l’ours. Après 50 minutes de voyage, les touristes arrivent au lac d’Artouste, au pied du pic de Lurien. Les randonneurs n’ont plus qu’à entamer leur marche jusqu’aux magnifiques lacs d’Arrémoulit, au pied du Palas, haut de 2974 mètres, et pourquoi pas, rencontrer les bergers béarnais.



Le château de Laàs

La guerre fait toujours rage entre basques et béarnais. Mais quand c’est fait avec humour, on en redemande. Un professeur basque décrète que le centre du monde se trouve au Pays Basque. Réaction immédiate du « Professeur Coudouy », béarnais : les calculs sont inexacts. Car si on fait venir tous les béarnais du monde entier et qu’ils crient tout un magnifique « hilh de pute », l’onde de choc décalerait le centre du monde en Béarn, plus précisément à Laàs. De dire à faire, il n’y a qu’un pas. Les béarnais solidaires se retrouvent et crient. Et ça fonctionne ! Le centre du monde se déplace de 60 kilomètres, au cœur de Laàs. A l’origine de cette aventure, le maire de la ville, Jacques Pédehontaà, qui n’hésite pas à faire participer ses habitants, dont notamment un certain Murray Head.

Plus sérieusement, Laàs détient un des plus beaux trésors du Béarn : son château. Ou plutôt une gentilhommière, bâtie au XVIIIème siècle par les barons de Laàs. A l’intérieur, la crème du mobilier français du XVIIIème siècle et parmi le plus bel ensemble d’art décoratif d’Aquitaine. Autour du château, le domaine s’étend sur 12 hectares, divisés en multiples jardins : l’italien, l’exotique, les jardins à l’anglaise et à la française, un verger et des sentiers romantiques. On y trouve des arbres centenaires, des bassins et jets d’eau, des arbres fruitiers de variétés anciennes, une orangerie et une terrasse avec vue sur le gave d’Oloron. Un lieu paisible qui invite à la méditation et à la sérénité.



Le château de Montaner

Montaner abrite un des plus vieux châteaux du Béarn. Construit entre 1375 et 1380 par Sicard de Lordat, à la demande de Gaston Fébus, le château est un rempart idéal pour fortifier les frontières du Béarn et se protéger contre la Bigorre et l'Armagnac. Du fait de sa position géographique (carrefour des régions sus-citées), il est le point de départ de la stratégie militaire de Fébus. Son donjon carré, en brique rouge languedocienne, s'élève à 40 mètres et surplombe un pont-levis. L'épaisseur de ces murs est de 3 mètres. A l'entrée du donjon, on peut lire la devise du château : "Fébus me fe", hommage au grand prince béarnais, Gaston Fébus. 

Presque deux siècles plus tard, il est conquis par les huguenots qui y reste une soixantaine d'années, jusqu'à ce que Richelieu l'assiège et démantèle la forteresse en 1621.

En 1642, le château est menacé de destruction. Le donjon est sauvé en faisant office de prison. Au tout début du XIXème siècle, un entrepreneur l'achète illégalement et crée une carrière à matériaux. L'ensemble subit énormément de dégâts, jusqu'à ce que le département rachète les ruines en 1854. Le château est alors classé à l'inventaire des monuments historiques. C'est grâce à des bénévoles, en 1970, que le château commence à retrouver sa grandeur. Pendant plusieurs années, l'association Pierre et Vestiges travaille d'arrache-pieds pour faire ressurgir la valeur du château. Mission accomplie quand, en 1983, le château est classé et la butte protégée.

Pour en savoir plus, visitez le site des Amis des Châteaux de Montaner.



Moncade et le pont d'Orthez

Impossible de dissocier les deux joyaux de la ville d'Orthez. Tous deux érigés par Gaston VII de Moncade, ils sont surtout associés au prince béarnais Gaston Fébus.

La tour Moncade

La tour, ou plutôt le château dont il ne reste que la tour, a été édifié à partir de 1242, à 100 mètres d'altitude. A l'époque, il était protégé par trois enceintes dont il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges. La particularité du château ? Son fossé. Géométrie parfaite pour contrer les assaillants, quasiment aucun espoir d'en ressortir vivant. Son donjon culmine à 33 mètres de hauteur et aurait abrité le fabuleux trésor de Gaston Fébus. Il en avait d'ailleurs fait le centre de sa Cour. Aujourd'hui, on peut y voir un autre trésor : le fameux "Livre de la chasse" de Fébus. Comme pour Montaner, le château servit de carrière pour construire les maisons alentour.


Le pont d'Orthez

Il est le symbole de la commune d'Orthez. Majestueux, il enjambe le gave de Pau. Grâce à lui, des milliers de pèlerins de Compostelle ont pu traverser sereinement la région. A l'origine, il comportait deux tours. La seule survivante est fortifiée et est soutenue par des arches inégales qui lui donnent tout son charme. Le pont a résisté à la Bataille d'Orthez, en 1814, et aux poudres qui devaient le détruire.



Le château de Momas

Mme Teillard est la propriétaire de ce château surtout connue pour ses jardins, restaurés selon une inspiration médiévale. Ils abritent des milliers de plantes à fleurs et de légumes rares. On y trouve notamment le « jambon du pauvre », sorte de salsifis donc le ragoût rappelle celui du jambon. Mais également l’épinard fraise et l’épinard perpétuel, premiers légumes importés par les légions romaines.



Patrimoine immatériel



En Béarn, le patrimoine immatériel revêt plusieurs habits. Il peut s'agir de nos chants, de notre gastronomie, de notre savoir-faire, de notre carnaval, de nos contes et légendes et de tout ce qui touche de près ou de loin la culture béarnaise.

Nous dressons ici un inventaire non exhaustif de ce qui fait le Béarn et les Béarnais.



Le carnaval béarnais




Le carnaval béarnais est l’expression de l’identité béarnaise. Fidèle aux traditions, le bon vin coule à flots, les produits du terroir sont béarnais et bien sûr, on chante en langue béarnaise. Le carnaval, au-delà d'un moment festif, est avant tout une résurgence de la culture béarnaise. Fondé sur des légendes, des rites, des coutumes, il ne cesse de s’enrichir de personnages contemporains et d’idées modernes.


Histoire du carnaval

Le carnaval est la dernière période avant le carême. Après lui, vient le moment d’abstinence et de jeûne. Aussi, le carnaval, étymologiquement « enlever la chair, la viande » (carnis levare), est le moment propice à tous les excès avant les restrictions d’usage. Fête païenne, elle n’en est pas pour autant détachée de la religion. Sans la tradition catholique du carême, pas de carnaval. Pour se laisser aller à tous les plaisirs, les hommes et femmes se masquent. Déguisés, ils ont droit à tout sans possibilité d’être identifiés. Le mot d’ordre : folie. On se déguise, on se masque, on fait le pitre, on fait rire, on est dans l’excès de la déraison, des non-règles, de l’assouvissement des désirs. Carnaval, c’est la liberté totale de l’esprit et du corps.

Le carnaval béarnais symbolise le retour d’exil de Sa Majesté Sent Pançard et de sa cour. Sent Pançard est un personnage imaginaire symbolisant l’outrance, les vices, le mal. Caricaturé à l’extrême, le bonhomme bedonnant au collier de saucisses doit répondre des maux du peuple. Pendant plusieurs jours, un procès (célébré en occitan) condamne Sent Pançard pour tous les troubles pouvant exister. Après le jugement, il est exécuté.

Voici le procès de 2014, en béarnais, avec quelques accents d’actualité : Procés 2014


Un carnaval organisé

Le carnaval est une fête très organisée. Chacun joue un rôle d’importance. D’un côté, les Blancs (ou Beaux), de l’autre les Noirs (ou Laids), et évidemment le Roi et sa Cour. Le Roi, Sent Pançard, représente Carnaval. Il est le personnage clé de la cérémonie et est brûlé vif à la fin du carnaval. On peut accoler des papiers sur le bonhomme décrivant quelques soucis personnels. Dans le bûcher, les problèmes disparaissent symboliquement. A la Cour du roi, on compte sa femme (Charogne), des bouffons, l’Ours et quelques bergers. L’Ours est le symbole par excellence du Béarn. Le Carnaval Biarnès débute généralement le 2 février, jour de la fête de l’ours. Il symbolise l’arrivée prochaine du printemps par la fin de son hivernation.

Les Blancs et les Noirs sont le pendant l’un de l’autre, le bien et le mal. Parmi eux, des porte-cloche, des porte-drapeau, des Arlequins, des pasteurs, un homme-chat, des bohémiens, des chiffonniers, des sorcières, etc. Chacun d’entre eux a une symbolique particulière, un rôle déterminé et un costume adapté. Prenons l’exemple de la Cantinière, appartenant au clan des Blancs, femme autoritaire aux formes très généreuses. Maîtresse de Sent Pançard, elle est vêtue d’une jupe rouge et d’une veste bleue. Ses tablier et corsage sont blancs, elle porte un chapeau et agite un petit mouchoir pendant ses danses, tout en maintenant un mini tonneau sous son bras. Ennemie de Charogne, elle incarne la femme libérée. Attention, pendant le carnaval, les femmes sont déguisés en homme et les hommes en femme. C’est donc un homme qui interprète le rôle de la Cantinière.



Certains personnages appartiennent au panthéon pyrénéen, comme les Géants et les Grosses Têtes. Ils sont les dieux et demi-dieux de la mythologie pyrénéenne. Ils défilent ensemble pendant le carnaval biarnés. Les Grosses Têtes agissent au quotidien dans nos maisons. C’est par exemple la faute de « Òs en cama » (Os en jambe) si nous perdons nos clés, nos lunettes ou nos papiers.

Pour en savoir plus sur tous les personnages, consultez le site du Carnaval Biarnés : Personnages de la Pantalonada

Outre le déguisement, la musique est indispensable à tout bon carnaval. Des groupes béarnais se produisent mais chacun y va de sa participation. Tout est bon pour faire du bruit : sifflets, instruments improvisés, tambour, cloches, maracas, etc. Sans compter les confettis et autres serpentins assurant une ambiance survoltée à la capitale béarnaise.

Attention toutefois à ne pas marcher sur les cendres de Sent Pançard, le malin promet les mêmes soucis sur l’année à venir si par malheur quelqu’un récolte quelques cendres sous ses chaussures.

www.carnavalbiarnes.com


Une chanson du carnaval...

Bohar
Desconar, hartar, peguejar,
Dançar, cantar, dinc a càder de fatiga
La gentilhessa, l’umor e la toleréncia
Las diferéncias
Vestí’s en hemna quan èm un òmi
Vestí’s en òmi quan èm ua hemna
Mascà’s e cambiar de votz
Denonciar l’injustícia, los mèstes deu monde
Har tentar los pisha-vinagre, los de qui cau
Desbotoà’s, arrebendí’s
Deishar har la soa fantesia

...et sa traduction

Souffler
Déconner, bouffer, faire le « pec »
Danser et chanter jusqu’à épuisement
La gentillesse, l’humour et la tolérance
Les différences
S’habiller en femme si l’on est un homme
S’habiller en homme si l’on est une femme
Se masquer et changer de voix
Dénoncer l’injustice, les maîtres du monde
Faire râler les pisse vinaigre, les bien pensants
Se débrider, se rebeller
Laisser libre cours à sa fantaisie



La gastronomie béarnaise



La gastronomie du sud-ouest est célèbre partout en France. Perçue comme la patrie des bons-vivants, entre bons plats et excellents vins, le Béarn tire son épingle du jeu avec sa fameuse garbure, ses fromages des Pyrénées et son Jurançon. Retour sur quelques uns de ces plats et leurs recettes.

La garbure

La garbure est le plat béarnais par excellence. Les paysans le consommaient quotidiennement, ajustant la recette au gré des saisons. On y retrouve toutefois quelques fondamentaux tels que le chou du Béarn, les pommes de terre, les carottes, le poireaux, les haricots-maïs et de la viande (manchons de canard, jarret de jambon sec, etc.).

On la sert dans tout le piémont mais la garbure est bel et bien d’origine béarnaise. Les paysans la laisser cuire dans la marmite toute la journée, ainsi dispo à tout moment.

Chaque premier weekend de septembre, Oloron organise sa garburade, championnat du monde de la meilleure recette. Un énorme succès pour cette fête qui célèbre notre patrimoine gastronomique.

La poule au pot

La poule au pot nous vient tout droit du XVIIIème siècle. C'est un plat familial servi traditionnellement le dimanche dont la recette béarnaise prime sur les autres. Il s'agit de farcir une poule de légumes, les classiques de la gastronomie béarnaise, de porter le tout à ébullition en laissant mijoter comme un pot-au-feu. Une recette est donnée ci-dessous.

Le fromage des Pyrénées

Marqueur fort de l'identité béarnaise, le fromage est une valeur sûre des repas en Béarn. Il est issu d'un savoir-faire ancestral garant d'une qualité exceptionnelle. L'air pur des montagnes, la flore respectée et les bêtes (brebis et vaches) aimées produisent du bon fromage aux saveurs diverses. Un incontournable béarnais.

Le Jurançon

Que serait un plat béarnais s'il n'était accompagné de son verre de Jurançon ? Sec ou moelleux, le vignoble se situe en plein Béarn. Il est d'appellation AOC depuis 1936 pour le moelleux et 1975 pour le sec. Les cépages principaux sont le petit et le grand manseng, donnant un goût très fruité au Jurançon.

Tous les béarnais en boivent ou y ont trempé les lèvres au moins une fois dans leur vie, puisqu'en Béarn, la tradition veut que l'on baptise les nouveaux-nés d'une goutte de ce nectar sur les lèvres. La baptême béarnais implique également le frottement d'une gousse d'ail.



Quelques recettes béarnaises



La poule au pot


Recette de notre adhérente Catherine.

Préparation la veille et le jour du repas

Ingrédients pour six personnes

1 poule qui n’a pas été engraissée. Demander que l’ouverture soit minimisée lorsqu’on la vide.
250 à 300 gr de veau haché (ou dinde haché) au max
250 à 300 gr de champignon (rosés de Paris)
Petits oignons ou échalote
8-9 carottes (dont 2 grosses), 6 poireaux, 1 gros oignon, navets, panais, boule racine de céleris, céleris branche
Pommes de terre à chair ferme
Bouquet garni, persil, thym
1 tête d’ail
3 clous de girofle
Ficelle et aiguille
Eventuellement prévoir un coulis de tomate (tomates, ail, oignon, thym persil)

Préparation farce et poule (la veille)

Hacher et mélanger : la grosse carotte (sinon 2 petites), les champignons, les petits oignons, 3-4 gousses d’ail, le veau, du persil, thym ainsi que l’intérieur de la poule (œufs, foie, gésier, poumons), poivre, sel.
Remplir la poule de cette farce. Bien fermer et coudre coté cou comme coté ventre. Percer avec l’aiguille sur le ventre et les filets
Si surplus de farce, entourer de 3 à 4 épaisseur de gaze.

Cuisson (la veille)

Dans une cocotte-minute mettre :
- 1 fond d’eau (2-3 cm pas plus)
- Thym, persil, feuille laurier
- Le vert des poireaux
- Les branches de céleri (les feuilles)
- La poule et par-dessus le boudin de farce emmailloté
- La grosse carotte
- Le gros oignon piqué des clous de girofle
- 4 gousses d’ail
Laisser cuire en pression (pour légume, pas pour viande) pendant 1h à 1h1/2.
La poule est cuite si les tendons des pattes se détachent.
Mettre la poule au frigo. Jeter les légumes. Mettre le bouillon dans un récipient au frigo.
Surtout tout au froid, ça peut tourner
Préparer le coulis de tomate

Avant le repas

Préparer l’ensemble des légumes (carottes, blancs de poireaux, racine céleri en gros morceaux, panais, navets, pommes de terre, …)
Dans la cocotte-minute mettre :
- La poule et éventuellement le boudin de farce au dessus
- Le bouillon bien dégraissé, compléter par de l’eau à 3 cm si besoin
- Les légumes
Cuire en pression ¼ heure à 20 mn environ
Si cocotte-minute trop petite, faire les pommes de terre à part
Chauffer le coulis de tomate

Service

Poule : lever les pattes et les filets, soulever le bréchet pour découvrir la farce, laisser la farce dans le croupion (c’est plus simple), démailloter le boudin de farce
Servir bien chaud avec les légumes. Chacun prend de la farce avec une cuillère et accompagne de coulis de tomate ou de moutarde selon son gout.

Les restes (pour le lendemain)

Le bouillon peut être servi avec du vermicelle ou des perles du Japon
La poule peut être préparée avec une sauce blanche et servi avec du riz safranée.




Rôti de magrets de canard


Recette de notre adhérente Catherine.

Prendre deux beaux magrets de canard.
Inciser largement la partie grasse en formant des losanges.
Sur la partie viande mettre de gros sel, du poivre concassé et éventuellement de l’ail émincé.
Mettre les deux magrets tête-bêche côté viande et les ficeler comme un rôti.
Mettre à four chaud pendant ½ heure.
Au bout de ¼ h on peut ajouter des gousses d’ail entières.
Enlever toute la graisse qui a fondu.
Pour servir découper en tranches.
Ainsi cuit la partie grasse est bien dorée et est délicieuse.

Champignons farcis

Pour chaque personne prendre 2 gros champignons de Paris et 1 petit (les rosés sont plus goûteux).
Peler chaque chapeau des gros champignons et mouler du papier alu graissé avec 1 goutte d’huile d’olive.
Hacher les pieds et les petits champignons avec de l’ail, du persil, et un oignon.
Saler, poivrer et remplir les chapeaux.
Mettre au four chaud pendant 20 min.



La langue béarnaise


Le débat est rude : le béarnais est-il une langue ? Ses détracteurs diront qu'il n'est qu'un simple patois. Pourtant, le béarnais est d'une richesse absolue, composé d'une grammaire stricte, d'un lexique important et d'une orthographe soumise à débat. Car le béarnais est essentiellement oral. Les spécialistes se disputent la manière d'orthographier. Une question complexe quand on sait que la prononciation n'est pas la même d'une ville à l'autre. Mais en 2009, le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques décide de l'emploi de la graphie classique en toutes circonstances.

La querelle ne s'arrête pas là. Une autre question avive les tensions : quid de l'occitan ? Le béarnais en est-il un dérivé ou est-il une langue indépendante ? L'institut béarnais et gascon affirme la particularité de la langue béarnaise sans lien avec l'occitan. Pour preuve, la bonne foi des Béarnais à la considérer comme telle et, surtout, sa forte histoire. Le Béarn, état souverain jusqu'en 1620 contrairement aux autres régions de France annexées bien plus tôt, entretient sa langue au quotidien, dans les villages tout comme à la Cour. Les documents officiels sont rédigés en béarnais. L'édit de Villers-Côtterets, établi en 1539 par François I er, impose le français comme langue officielle. Le Béarn fait exception à la règle.

La langue est l'identité même de son peuple. Même ceux qui ne la parlent pas lâchent souvent des expressions béarnaises. Dia, adiu, adishatz, hilh de pute, macarelh et bien d'autres. Une enquête de 2009, ordonnée par la région Aquitaine, estime que seul 12% des béarnais parlent la langue couramment, 15% avec difficulté. De nos jours, un véritable effort de sensibilisation et d'apprentissage est en cours dans les écoles. Les éditeurs publient davantage de livres en béarnais, parfois sans traduction. Et de nouveaux concours d'écriture en béarnais voient le jour. La langue béarnaise a encore de beaux jours devant elle.



Les chants béarnais



En Béarn, le chant est une seconde nature. Indissociable du repas de famille ou de la fête de village, tous les Béarnais connaissent ou fredonnent les chants le splus célèbres : Bèth Cèu de Pau ou Aqueres Mountanhès, par exemple. On chante entre amis, en famille, jamais seul. Selon Jean-Jacques Castèret, ethnomusicologue, cela s’explique par la caractéristique même de la civilisation béarnaise qui veut que les terres soient gérer de manière communautaire.

À Laruns, par exemple, le chant est primordial. Le groupe "Lous Arricouquets" est d'ailleurs un représentant de cette culture ossaloise. Là-bas, la communication ne se fait pas en paroles mais en chansons. Une légende, mais pas tant que ça.

Le chant béarnais est une technique polyphonique connue depuis la fin du XVème siècle et chanté dans les églises depuis plus de 500 ans. Il est à la fois religieux et profane. Dès 1830, un récit de voyageurs étrangers décrit la manière dont les Béarnais chantent à plusieurs voix. Tout le monde peut participer spontanément au chant et se joindre à un groupe improvisé.

Le chant béarnais se pratique partout, sans contraintes, concert prévu ou chant improvisé à la buvette, il y aura toujours un béarnais pour pousser la chansonnette et de nombreux autres pour donner la réplique. Preuve en est nos animations qui finissent toujours en chansons. Car le chant, c’est aussi la convivialité, il célèbre le plaisir d’être ensemble.


Il existe d'ailleurs de nombreux festivals en Béarn : Hestiv’Oc, la fête ossaloise de Laruns, la fête des bergers d’Aramits, les Transmusicales de Làas ou encore le carnaval Biarnès. Toutes les occasions sont bonnes pour chanter.

Le plus célèbre chant est "Bèth Cèu de Pau". Il date de la fin XIXème. Écrite par Charles Darrichou, cordonnier à Bruxelles, sur son lit d’hôpital, en mal de son pays. Il la chante pour la première fois en 1881 pour son retour en Béarn. Les auditeurs sont bouleversés. De ce chant en découlera bien d'autres. Le vivier est immense. Aujourd'hui encore, de nombreuses créations voient le jour, toujours écrite en béarnais.

Un groupe en particulier déchaîne le passions. Les seuls à pouvoir encore remplir l'Olympia parisien. Une fierté pour le Béarn. Ce groupe, c'est Nadau (Los de Nadau au départ). Il est créé en 1973. De nombreux autres groupes suivront l’exemple. Une de leur chanson, qui date de 1978, est presque devenu un hymne : L’immortèla.

Sources : La polyphonie dans les Pyrénées gasconnes, Harmattan, JJ Castèret.



Quelques chants



De cap tà l'immortèla


Sèi un país e ua flor,
E ua flor, e ua flor,
Que l'aperam la de l'amor,
La de l'amor, la de l'amor,

refrain:
Haut, Peiròt, vam caminar, vam caminar,
De cap tà l'immortèla,
Haut, Peiròt, vam caminar, vam caminar,
Lo país vam cercar.

Au som deu malh, que i a ua lutz,
Que i a ua lutz, que i a ua lutz,
Qu'i cau guardar los uelhs dessús,
Los uelhs dessús, los uelhs dessús,

Que'ns cau traucar tot lo segàs,
Tot lo segàs, tot lo segàs,
Tà ns'arrapar, sonque las mans,
Sonque las mans, sonque las mans,

Lhèu veiram pas jamei la fin,
Jamei la fin, jamei la fin,
La libertat qu'ei lo camin,
Qu'ei lo camin, qu'ei lo camin,

Après lo malh, un aute malh,
Un aute malh, un aute malh,
Après la lutz, ua auta lutz,
Ua auta lutz, ua auta lutz…

Je connais un pays, et une fleur,
Et une fleur, et une fleur,
On l'appelle celle de l'amour,
Celle de l'amour, celle de l'amour,

refrain:
Haut, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher
Vers l'immortelle,
Haut, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher,
On va chercher le pays.

En haut du pic, il y a une lumière,
Il y a une lumière, il y a une lumière,
Il faut y garder les yeux dessus,
Les yeux dessus, les yeux dessus,

Il faut traverser toutes les ronces,
Toutes les ronces, toutes les ronces,
Pour s'accrocher, seulement les mains,
Seulement les mains, seulement les mains,

Peut être on n'en verra jamais la fin,
Jamais la fin, jamais la fin,
La liberté, c'est le chemin,
C'est le chemin, c'est le chemin.

Après le pic, un autre pic,
Un autre pic, un autre pic,
Après la lumière, une autre lumière,
Une autre lumière, une autre lumière…




Aqueras mountanhas


Devath de la (mia) finestro
Que i a un auséron
Tota la nouéyt que canta
Canta la soa (sa) canson

Si canti, you que canti
Canti pas per jo;
Canti per ma mia
Qui ei auprès de jo

Aqueras mountanhas
Qui tan hautas son
M’empaishan de véder
Mas amors on son

Bachatz-ve montanhas
Planas, hauçatz-ve
Ta qui posqui la veder
Mas amors on son

Aqueras montanhas
Que s’abaisharàn
E mas amoretas
Que pareisheràn

Aqueras mountanhas
Qui tan hautas son
M’émpaishan de véder
Mas amors on son

Si sabi las véder
Ou las rencontrar
Passeri l’ayguetto
Shens paur de’m negar

Aqueras montanhas
Que s’abaisharàn
E mas amouretas
Que pareischeràn

Las pomas son maduras
Las cau amassar
Et las joenes hilhas
Las cau maridar

Dessous ma fenêtre
Il y a un oiselet
Toute la nuit il chante
Il chante sa chanson

S’il chante, qu’il chante
Il ne chante pas pour moi
Il chante pour ma mie
Qui est si loin de moi

Ces montagnes
Qui sont si hautes
Elles m’empêchent de voir
Où sont mes amours

Baissez-vous montagnes
Plaines haussez-vous
Pour que je puisse voir
Où sont mes amours

Ces montagnes
Tant s’abaisseront
Que mes amours
apparaîtront

Ces montagnes
Qui sont si hautes
Elles m’empêchent de voir
Où sont mes amours

Si je sais les voir
Ou les rencontrer
Je traverserai le ruisseau
Sans peur de me noyer

Ces montagnes
S’abaisseront
Et mes amours
Apparaîtront

Les pommes sont mûres
Il faut les ramasser
Et les jeunes filles
Il faut les marier.



Bèth cèu de Pau


Quoan te tournarey bede ?
Qu’ey tant soufert despuch qui t’ey quitat.
Si-m cau mouri chens te tourna rebede
Adiu, bèth cèu, t’aurey pla regretat.
Qu’auri boulut, Bearn canta ta gloère
Mes nou pouts pas, car que souy trop malau
Moun Diu, moun Diu ! (bis)
Lechat me bede encoère (bis)
Lou cèu de Pau , lou cèu de Pau.(bis)

Gé, qu’èri soul dens ma triste crampete
A respira lou perfum deu printemps
Quoan tout d’u cop, ue praube irounglete,
Pousse u gran crit e puch en mème tems
U esparbè cour sus la beroujine
Say, say t’aci, jou nou t’harey pas mau !
Rentre dehens, que parleram praubine (bis)
Deu cèu de Pau deu cèu de Pau.(bis)

Qu’as tu pensat, la mie praube amigue
De biadja soule, chens nat secours ?
Repause drin, de courre que fatigue,
Aci, n’as pas à cranhe lous autours
Perque trembla ?
Ben n’es pas presounère
Que pods parti si n’ey pas ço qui-t cau
Repren toun bol, ben boultiga leugère (bis)
Au cèude Pau au cèu de Pau. (bis)

Mes, que t’en bas, beroje messadjère
Adiu, adiu ! Chens tu qu’em bau mouri.
Car lou boun Diu enta d'eth que m’apère
Douma, belheu nou serey mes aci.
Puchque t’en bas, ben- t-en ta la mountanhe
Ben ha toun niet debach nouste pourtau
Qu’auras de tout, ta tu e ta coumpanhe
Au cèu de Pau, au cèu de Pau (bis)

Quand te reverrai-je ?
J'ai tant souffert depuis que je t'ai quitté.
S'il me faut mourir sans te revoir
Adieu, beau ciel, je t'aurai bien regretté.
J'aurais voulu, Béarn chanter ta gloire
Mais je ne peux pas, car je suis trop malade
Mon Dieu, mon Dieu !
Laissez-moi voir encore (bis)
Le ciel de Pau, le ciel de Pau.(bis)

Hier, j'étais seul dans ma triste chambrette
A respirer le parfum du printemps
Quand tout à coup, une pauvre hirondelle
Pousse un grand cri, et puis en même temps
Un épervier fond sur la jolie petite
Viens, viens ici, je ne te ferai pas de mal !
Viens à l'intérieur, nous parlerons pauvrette (bis)
Du ciel de Pau, du ciel de Pau.(bis)

Qu'as-tu pensé, ma pauvre amie
De voyager seule, sans aucun secours ?
Repose-toi un peu, de courir fatigue,
Ici, tu n'as pas à craindre les autours
Pourquoi trembler ?
Allons, tu n'es pas prisonnière
Tu peux partir si je n'ai pas ce qu'il te faut.
Reprends ton vol, va voltiger légère (bis)
Au ciel de Pau, au ciel de Pau.(bis)

Mais, tu t'en vas, jolie messagère
Adieu, adieu ! Sans toi, je vais mourir.
Car le bon Dieu auprès de lui m'appelle
Demain, peut-être , je ne serais plus ici.
Puisque tu t'en vas, va- t-en dans la montagne,
Va faire ton nid, sous notre portail.
Tu auras de tout, pour toi et ta compagne (bis)
Au ciel de Pau, au ciel de Pau.(bis)



Aussau mas amoretas


Aussau mas amoretas
Aussau, jo me n'i vau.

Au verdurèr jou me n'entrèi (bis)
Tres arrosetas i trobèi.

Tres arrosetas i trobèi
Que las copèi que las liguèi.

Que las copèi que las liguèi
A mas amors enviar las hèi.

A mas amors enviar las hèi
Mes qui serà lo messatgèr ?

Mes qui serà lo messatgèr ?
La calandreta o l'esparvèr ?

La calandreta ei cap-leugèr
E l'esparvèr trôp mensongèr.

E l'esparvèr trôp mensongèr
Jo medisheta m'i anirè.

Ossau, mes amourettes
Ossau, moi j'y vais.

Au verger, moi j'entrai
Trois petites roses j'y trouvai.

Trois petites roses j'y trouvai
Je les coupai, je les liai.

Je les coupai, je les liai
A mes amours je les fis envoyer.

A mes amours je les fis envoyer
Mais qui sera le messager ?

Mais qui sera le messager ?
L'alouette ou l'épervier ?

L'alouette est tête en l'air
Et l'épervier trop menteur.

Et l'épervier trop menteur
Moi-même j'irai.




Les contes en Béarn


Le conte béarnais

Domaine du merveilleux, on croise dans le conte animaux doués de paroles, créatures imaginaires et humains aventureux. Essentiellement oral, le conte est généralement assez court. Son contenu dépend de la région où il a été créé mais de nombreux codes se retrouvent. Comme la lutte du bien contre le mal, une princesse à sauver, un pacte avec le diable ou le symbolisme du chiffre 3. Les contes béarnais n'échappent pas à la règle. On retrouve par exemple la règle de trois dans le conte des "Trois fils jumeaux du pêcheur de saumon". L'histoire se déroule à Oloron.

Un pêcheur capture le roi des saumons pour le banquet prévu en l'honneur de la visite du roi. Le poisson le convainc de le relâcher contre dix poissons tout aussi savoureux. En échange, le pêcheur aura des triplés l'année prochaine, sa jument et sa chienne également. Donc, trois de chaque. Quand l'ainé part à l'aventure, ses frères suivront, réalisant chacun les mêmes épreuves, prononçant les mêmes paroles. Un événement se produit trois fois. Le chiffre 3 a une symbolique très forte. Il représente la trinité, religieuse ou autre : passé, présent, futur ; naissance, vie, mort ; corps, esprit, âme ; homme, femme, enfant ; le Fils, le Père et le Saint-Esprit.


Les thèmes

Le Béarn conserve les codes du contes mais adapte les thématiques à sa culture et à son environnement. La nature bien sûr, avec la montagne (les Pyrénées), les gaves, les orages, l'air frais et pur du Béarn. La gastronomie avec le jambon et la pelère, le fromage et la célèbre garbure. Les personnages sont typiques : pêcheurs, meuniers, fermiers et surtout bergers. Pour le petit peuple. Concernant la haute noblesse, on a affaire avec les rois, et les princesses. Mais pas n'importe quel roi. Chez nous, il n'y en a qu'un et se nomme Henri IV. De nombreux contes et légendes à son sujet hantent les foyers béarnais. Ceux de la poule au pot, ceux de sa naissance ou celui de son grand-père d'adoption venant lui rendre visite au Louvre.

Le conte est le lieu de l'invraisemblable que l'on accepte. Qu'un fils de paysan tue une sorcière, qu'un renard parle ou que le diable prenne forme humaine, rien ne choque. Une chose est sûre, à la fin, toujours une morale. L'union (ou la solidarité) fait la force, on ne s'enrichit qu'à force de peine et de travail, choisir la facilité (autrement dit le mal et le diable) ne mène qu'au malheur. Tout comme faire confiance aux femmes. Le conte béarnais est-il machiste ? La femme est soit sorcière soit porteuse de malheur. Sauf si elle est princesse bien sûr. Exemple du conte intitulé "Pourquoi les femmes n'ont pas de barbe au menton" qui se finit ainsi :

"Pauvres hommes ! Ne renoncez jamais à porter la culotte. Les femmes sont habiles pour vous sortir les vers du nez et vous enjôler. Il faut souvent leur montrer les dents et, malgré la force que Dieu vous a donnée, vous ne vaudriez pas plus qu'elles si votre langue déversait un secret comme le claquet du moulin déverse le grain. "

Ou encore le conte "Les trois vœux du berger", dans lequel on retrouve par ailleurs le chiffre 3 :

"Votre lot sur terre, femmes, doit être la bonté, l'amour et la charité. Ne l'oubliez jamais, si dévotes que vous soyez, parce qu'au lieu de bonheur, vous sèmeriez autour de vous malheur sur malheur."


Finalité du conte

Le conte se raconte lors de veillées en famille ou entre voisins ou amis. De nos jours, il est essentiellement rattaché aux enfants. Un gentil conte pour éveiller nos bambins. Pourtant, nombre de contes sont plutôt violents et révèlent les conditions difficiles des béarnais, paysans et bergers. En Béarn, les contes sont quasi indissociables des Pyrénées. On y parle de la dureté de la vie et des peurs ancestrales, comme les superstitions ou les bêtes sauvages. Le loup, l'ours ou le renard sont omniprésents. Dans la réalité, ils attaquent le bétail des Béarnais. Dans les contes, souvent doués de paroles, ils sont désacralisés, tournés en ridicule ou identifiés aux hommes (comme le conte de Jean de l'Ours). Quand ils sont malins, c'est pour dénoncer la cupidité des hommes. Car le conte, c'est aussi l'histoire de l'essence de l'homme et de sa lutte contre lui-même.


Sources :

Contes populaires du Béarn, Jean-Victor Lalanne, Pyrémonde, édition bilingue, 2012.

Sorciers et sorcières, procès de sorcellerie en Gascogne et Pays Basque, François Bordes, Éditions Privat, 1999.

Piquirinéu, contes du Béarn et du Comminges, Sylvie Latrille & Laurent Moni, Éditions S'éditions, 2005.



La sorcellerie en Béarn


La mythologie béarnaise

La mythologie béarnaise est en accord avec son territoire : montagnes et forêts. Les lieux de prédilection de la sorcellerie en Béarn sont Ogeu (près d’Oloron), Marcerin (près d’Orthez), Sauvagnon (près de Pau), Arudy, Lucq et Arette. Les cromlechs des « Couraus de Houndaas » près de Bilhères et la Peyre Trouette dans la vallée de Ferrières sont, eux, les lieux privilégiés des rassemblements de sorciers. Mais lors des nuits de sabbat, le diable a sa préférence pour les ponts. A Salies, par exemple, le pont d’Abise-t-y était réputé pour l’organisation des sabbats. La légende dit que le pont d’Orthez aurait été bâti avec l’aide du diable.

Monstres errant notamment la nuit, les croyances prêtent une personnalité terrifiante aux animaux, comme cet escargot monstrueux, le « carcolh », qui hante les régions souterraines du Béarn et des Landes. Dans la panorama lando-béarnais, on compte aussi les fantômes et esprits comme la Daune Blanque, le Houlet (esprit des eaux), les Marmuques (ombres volantes), les candeles (feux follets) ou encore les croque-mitaines, dévoreurs d’enfants, comme la « came crude » (sorte de vampire) et le « gnangnan pehut » (sorte de bête poilue).

Dans ses chroniques, Froissart raconte l’histoire du farfadet Orton. Ce dernier fournissait en renseignements politiques les puissants du royaume jusqu’à ce qu’ils veuillent connaître son identité. Après cela, on n’en entendit plus jamais parler.

Dans ce contexte, l’apparition des sorcières paraît être une suite logique. Détentrices de pouvoirs ou alchimistes, elles font régner un climat de peur dans les villages béarnais.


La sorcière et ses maux

La plus ancienne trace d’un procès en sorcellerie en Béarn date de 1393. Elle concerne Mariole du Colom, à Lucq, accusée d’être une posoère (ancien nom béarnais de la sorcière). Elle est acquittée grâce au témoignage d’amis. Amis qui se portent garants d’elle. Si les preuves sont faibles, l’accusée à droit à la liberté conditionnelle. Les accusées avaient cette possibilité d’échapper à leur peine à condition que plusieurs personnes de leur entourage (famille ou amis) prennent la responsabilité de leur liberté. En 1489, une vague d’accusations fait rage à Bougarber. Plusieurs femmes sont accusées, parmi lesquelles Bertane de Marcader, Audina de Lacoste ou Bernardine de Briole. Toutes sont relâchées grâce à l’intervention de leurs proches, garants. Audin de Mimbiela n’a pas la même chance. Quatre ans plus tard, le verdict tombe : exil. Après 200 jours en prison, elle est contrainte de quitter les terres béarnaises. En 1503 et 1508, ce sont deux jurats qui s’engagent pour trois femmes à Salies.

Une posoère est donc une sorcière. Le mot viendrait de « posons », poisons, ce qui fait de la sorcière une spécialiste des poisons. Par la suite et jusqu’à aujourd’hui, les sorcières béarnaises sont appelées brouches. L’empoisonnement, et plus largement la fabrication de poudres et potions, sont largement condamnés à cette époque. En 1592, à Oloron, deux procès ont lieu pour sorcellerie et empoisonnement. Les plantes faisaient traditionnellement partie de la pharmacopée des femmes à cette époque. Mais en cas d’accusation, il était facile de prouver que certaines plantes avaient des pouvoirs hallucinatoires : belladone, jusquiame, etc.

Un peu plus tard, en 1600, on trouve dans un document de la baronnie de Lantabat une note au sujet du « mal de layrar », qui pourrait être l’équivalent de l’épilepsie. Johanne de Larrando est accusée d’avoir contaminé trois femmes du village d’Iholdy, simplement en les touchant. Quelques temps plus tard, elle les guérira elle-même avec un peu d’eau.

Mais la sorcière béarnaise ne se limite pas à cela. Si elle s’en prend à l’humain, elle lance aussi des ensorcellements sur le bétail et surtout, provoque des catastrophes naturelles. En pays montagneux, la météo peut vite changer. Quand la grêle dévaste terres et récoltes, comment ne pas y voir l’œuvre des sorcières. Remède conjuratoire, outre sonner les cloches de l’église, il faut prendre trois grêlons et les jeter au feu.


Sorcières et sorcellerie

En Béarn, aucun acte de sorcellerie n’est clairement défini. Toujours très vague. La chasse aux sorcières paraît être une solution aux problèmes de société, doublé d’un antiféminisme accru. La proportion de sorcières en regard des sorciers est énorme. Pour autant, la plupart des accusations en Béarn sont faites par des femmes. Au pays, à cette époque, la femme est au cœur de la société. Elle est la garante de l’ordre familial, elle établit les relations sociales et commerciales (achats et ventes sur les marchés) et communiquent leurs secrets culinaires ou médicaux. Une fille aînée peut très bien hériter de ses parents. Au XVIIème siècle, la courbe s’inverse. Les femmes sont moins accusées, les hommes beaucoup plus. Surtout, une nouvelle catégorie de sorciers apparaît : les enfants et adolescents.

Dans un premier temps, les dénonciations en sorcellerie se font dans les classes moyennes, pour peu à peu gagner du terrain dans les classes plus pauvres. Les accusateurs sont souvent d’un niveau social inférieur aux accusées, ce qui donne une idée des conflits sociaux présents à l’époque. Une idée reçue nous donne une image de la sorcière vieille, courbée et pleine de verrues. En Béarn, il n’en est rien. La majorité des accusées sont jeunes, mais souvent elles sont des femmes isolées, veuves ou célibataires.

En plus des femmes, il y eut des victimes collatérales :
- Les étrangers : basque en Béarn ou béarnais dans les Landes, un non-natif était immédiatement soupçonné.
- Les bohémiens : leur réputation fait d’eux des voleurs, des magiciens ou des mercenaires. En 1605, les États de Béarn réclament leur expulsion de la vicomté, en dressant une liste impressionnante des méfaits qu’on leur prête. Et notamment, l’art magique, autrement dit la divination.
- Les cagots : marginaux pourtant intégrés à la vie sociale béarnaise. Les béarnais leur donnent un statut spécial et les écarte tant que possible.


La juridiction

D’une manière générale, les sorcières sont jugées par des tribunaux d’ordre inférieur (Bougarber, Salies, Nabas et Oloron) ou par la chambre criminelle du conseil souverain (qui devint Parlement de Navarre par la suite). Le Béarn se démarque des régions alentour en créant deux institutions capables de répondre aux accusations de sorcellerie : les commissaires spéciaux et les députés élus par les villages.

Les commissaires spéciaux (Jean du Freixo, de Denguin par exemple) sont nommés par le pouvoir, dont les missions sont : enquêter d’après les accusations sociales, interroger les témoins, établir un libelle accusatoire et remettre le dossier à la justice locale. L’accusée était entendue mais si elle niait l’accusation et que le libelle était insuffisant, elle était relaxée. Ce fut le cas de Marie de Moncuc, d’Arthez, en 1489. Au même moment, une autre arthézienne, Audine de Mimbielle, est convaincue de sorcellerie. Elle est bannie à perpétuité.

Les députés sont élus par les communautés villageoises. Leur rôle est plus limité, ils doivent rechercher et poursuivre les sorciers sur leur territoire. Ce système est en place dès 1575 à Buzy. Les chasseurs de sorcières appuyaient les suspicions sur un texte primordial de l’époque, le Malleus Maleficarum (Le Marteau des Sorcières), de Sprenger, en 1486. Il est une sorte de manuel de chasse aux sorcières.

Malheureusement, ces institutions ne sont pas parfaites. Certains commissaires voient là un moyen de s’enrichir. Contre la liberté conditionnelle des soi-disant sorcières, la famille peut payer une caution. Il n’y a plus qu’à sillonner la région et accuser la première venue. La vicomtesse souhaite rétablir rapidement la justice. Elle met en place un décret de prise de corps contre eux. Les calomnies vont s’estomper. D’ailleurs, l’accusateur lui aussi prenait un risque. Si la sorcière était convaincue d’innocence, il devenait diffamateur. Rien n’était sans conséquence dans la justice de l’époque.

A la fin du XVIème siècle, les États obtiennent auprès de la vicomtesse de recréer le système de commissaires. Cette fois, leurs missions sont allégées, ils ne sont élus que pour une année et partent en binôme. Seule la chambre criminelle, à qui ils rendent leur rapport, prononce les verdicts.

Une fois la sorcière démasquée, plusieurs étapes s’organisent avant le procès. D’abord, une recherche de la marque du diable, car d’après les autorités, cette marque se trouve nécessairement sur le corps des sorcières. Ensuite, elles sont soumises à la question, autrement dit torturées. Lors de ces tortures, le corps est mis à rude épreuve. Il en découlait des réactions nerveuses normales : crises, contracture du corps, perte de parole, etc. Souvent, elles incriminent davantage la soi-disant sorcière, les accusateurs voyant là autant de signes de sorcellerie.

Après le procès, les peines sont immédiatement exécutées. Elles sont multiples, graduellement :
- acquittement (qui porte le nom d’élargissement). Sur 260 accusées durant cette période, 25 femmes sont acquittées.
- Amende honorable : peu d’accusée ont pu en bénéficier.
- Bannissement : provisoire ou à perpétuité.
- Bûcher : individuel en Béarn. Le spectacle attire plusieurs centaines de béarnais.


Exorcistes et charlatans

Dans la région de Lucq, la religion s’est mêlée à la chasse aux sorcières. En 1608, l’ordre des Barnabites réprimande avec violence tous les possédés. En Béarn, on connaissait bien les « sorcières de Lucq », expression devenue proverbiale. Le père Olgiati, barnabite, assimile les coutumes et découvrent un remède au mal de layrar. Remède qui utilise les mêmes ingrédients que la sorcellerie. Ainsi, tout le monde joue sur le même tableau. Les barnabites repoussent la sorcellerie en empiétant sur leur terrain, rassurant la population contre les maléfices.

En 1662, le Béarn connaît une période tendue. A Salies notamment, la contestation est violente. C’est dans ce climat que le jeune Hugon entre en jeu et affirme avoir le pouvoir de dénicher les sorcières, simplement en soufflant sur les yeux d’une personne. En réalité un imposteur, comme il y en eu beaucoup par la suite. Il faut dire que le filon est une aubaine. La chasse aux sorcières fait rage, il est facile d’user de la crédulité de la population. Jean-Jacques Bacqué suit les traces de Hugon. Lui aussi a le don de reconnaître les sorciers. Il parvient à se faire nommer commissaire par le Parlement de Pau et sillonne le Béarn. Sur les trente villages qu’il visite, il constate pas moins de 6 210 sorciers, soit plus de 200 par communautés. Dans le seul village de Lahourcade, il accuse plus de la moitié de la population (195 personnes). Voyant les désastres économiques provoqués par Bacqué, le royaume décide son arrestation. L’issue du procès n’est pas connu, mais il rejoint Hugon à la prison de la Bastille.

Ce qui est intéressant dans l’histoire de Bacqué, c’est de voir comment la croyance en la sorcellerie évolue. Auparavant, une intervention médicale était nécessaire pour trouver la marque du diable sur la sorcière. Après Bacqué, il suffit d’un pouvoir surnaturel, finalement identique à celui des accusés, pour identifier les sorcières d’un simple regard. Les villages peuvent désormais faire appel à des exorcistes.

La foule se presse pour assister aux exorcismes. En 1726, à Labastide-Céseracq, le curé de Germenaud exorcise une femme du village, contre salaire. Représentation théâtrale impressionnante, il empoche l’argent, ici et dans d’autres villages. Avec la complicité de la soi-disante sorcière ? Probable. Il est arrêté quelques temps plus tard, la femme est bannie du village. C’est la porte ouverte aux charlatans, que le pouvoir en place condamnera tout autant que la sorcellerie. Comme en 1763, où le vicaire de Nay, Joandet Saubat, provoqua une épidémie de possessions dans la région. Toujours contre rétributions financières, il organisait des prières publiques et exorcisait à tour de bras. Le Parlement de Pau réagit très rapidement face à cet homme. Il publie immédiatement après un arrêt concernant la sorcellerie parlant d’erreurs populaires, de superstitions, de prétendus sorciers et d’abus préjudiciables à l’ordre public. Le pouvoir en place tente d’annihiler la croyance populaire en la sorcellerie.

Sur le terrain, les croyances restent fortes mais évoluent. La sorcellerie, devenant source de profit, se masculinise. On parle désormais de sorcellerie blanche et de pouvoir de guérison. Aujourd’hui encore, on trouve dans nos villages de ces sorciers capables de faire partir nos maux avec quelques gestes et incantations. Au XVIIIème siècle, ces nouveaux sorciers se dotent d’armes puissantes : des livres. Basés sur une science de l’à peu près, les livres restent impressionnants pour des villageois illettrés.

Dans les villages, peu à peu, se développent lors des veillées, les histoires de sorcellerie. D’abord certainement tirées de la réalité quotidienne des diseurs, les veillées font vite place au conte et à la légende. Au XIXème siècle, les Béarnais parlent toujours de la marque traditionnelle de la patte de crapaud dans l’œil de la sorcière. « Qu’ha pates a l’oelh », Elle a des pattes dans l’œil. Ou « Qu’ha crepaut a l’oelh », elle a un crapaud dans l’œil.


Sources :

Les sorcières dans le Béarn 1393-1672, Vastin Lespy, Pyrémonde, 2010.

Sorciers et sorcières, procès de sorcellerie en Gascogne et Pays Basque, François Bordes, Éditions Privat, 1999.




Quelques communes béarnaises


Bellocq

Bellocq est une bastide conçue par les Moncade, sans place carrée, avec un plan en damier. Ses rues sont en angle droit pour faciliter la circulation des troupes. Son église, dont les fenêtres ne sont percées qu’en 1860, est fortifiée. Le clocher est carré et le portail principal est enrichi de sculptures dont un « pèlerin au béret ». Elle est sur le chemin de Saint-Jacques.

La plus grande richesse de Bellocq, c’est son château. Construit entre 1250 et 1280 par Gaston VII Moncade sur un piton rocheux, il surplombe le gave. Sa courtine (enceinte) fait 7m de haut et ses tours, au nombre de sept, s’élève à 22m. Étant proche de la frontière avec l’Aquitaine, sous domination anglaise, son but est de protéger Orthez, alors capitale. Le village est créé en suivant pour renforcer cette position stratégique. En 1370, Fébus renforce le château. Il a désormais un rôle militaire qu’il tiendra jusqu’au 16ème siècle. Comme Fébus, Henri II d’Albret consolide le château en 1542, mais en 1620, les guerres de religion ont raison de lui. Louis XIII le démantèle.



Eaux-Bonnes

Eaux-Bonnes domine la vallée du Valentin, dans la Vallée d’Ossau. Elle est bâtie à côté d’une source thermale. Le Docteur Darralde, médecin béarnais de Napoléon III y est médecin thermal l’été. Il prescrit de nombreuses cures à ses patients parisiens.

En 1840, Eugénie, future impératrice, y séjourne avec sa mère. Quinze ans plus tard, elle revient cette fois en tant qu’impératrice. En 1861, elle pose la première pierre de l’hôpital militaire. Son jardinier améliore le jardin anglais. Elle fait également construire la route qui conduit à Argelès par le col d’Aubisque.

Un énorme succès thermal suit. Il permet la construction de grands hôtels, de l’Hôtel des Princes en 1863, d’une nouvelle église en 1884 et du casino en 1885. Eaux-Bonnes est devenue ville mondaine.



Labastide-Villefranche


Labastide-Villefranche est fondée en 1292 par la vicomtesse Marguerite de Béarn suite à la création des bastides d’Hastingues par les Anglais et de Sordes par les Navarrais. Une tour de guet permet de prévenir Orthez, alors capitale, par signaux optiques. Quarante ans plus tard, Fébus transforme la tour en donjon et y accole un château. Le donjon, Haut de 28m, est carré et d’architecture médiévale classique. Le château est détruit en 1523 par Charles Quint. Le donjon sert aujourd’hui de fronton.

Labastide-Villefranche abrite également la Maison Magendie, bâtisse avec fenêtres à meneaux, du 17ème siècle. Elle était probablement la demeure d’un abbé laïc.


Une autre des richesses de la commune est son Château Bijou. Ce dernier possède un parc de 17 hectares tracé par un grand jardinier-paysagiste de la fin du 19ème : Jules Vacherot. Son influence est triple : italianiste, néo-grecque et art-déco. Les jardins sont luxuriants avec bassins et lacs privés, chapelle, cloître roman espagnol du 12ème siècle (rebâti pierre par pierre).




Lacommande


La Commanderie de Lacommande est fondée vers 1120. Gaston IV le Croisé veut que son royaume soit traversé par les pèlerins depuis la route de Provence. Il érige l’hôpital du hameau d’Aubertin permettant de faire halte avant de traverser la forêt reliant Lescar à Oloron. Dans le même temps est érigée l’église romane dédiée à Saint-Blaise. Tous deux sont endommagés pendant les guerres de religion. Aujourd’hui, la Commanderie offre toujours le gîte aux pèlerins.



Lescar

Lescar est la première capitale du Béarn. Elle s'appelait Beneharnum et a probablement était fondée par une tribu ibère au Ier siècle. Cela reste une supposition à ce jour. Au 6ème siècle, elle devient évêché. Elle aurait été détruite au 8ème siècle par les peuples du nord.

La ville renaît vers l’an 1000 sous le nom de Lescar. Située sur la voie d’Arles, elle est un passage des pèlerins de Saint-Jacques. La cité fortifiée, dotée de remparts et de tours (l’Esquirette, de l’Évêché et du presbytère) reprend son statut d’évêché jusqu’à la Révolution Française.


Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption

Aujourd’hui église, le bâtiment conserve dans le cœur des Béarnais l’appellation de cathédrale. Les rois de Navarre sont inhumés dans la crypte (sous une dalle de bronze sur le sol du chœur), découverte seulement en 1929. Achevée en 1145, sa construction est décidée par Gui de Lons. Il ne la verra malheureusement jamais finie. Gui de Lons est à la fois homme d’église, Seigneur de Lescar et chevalier de Gaston IV. Il est fait prisonnier lors d’une croisade contre l’envahisseur maure.

De style art roman, ses piliers sont richement décorés de chapiteaux sculptés. A l’intérieur, un orgue romantique du 19ème siècle dont le buffet baroque date du 18ème. Dans la voûte dite en cul-de-four, une peinture murale du 17ème : « Le couronnement de la Vierge ». Sur son abside centrale, une mosaïque du 12ème siècle représente la scène de chasse d’un guerrier maure. Elle a tout récemment été restaurée dans un atelier parisien.

L’édifice perd son statut de cathédrale en 1791, quand il est rattaché à l’évêché de Bayonne et d’Oloron. En 1840, il est classé Monument Historique.



Mascaraàs-Haron


Cette commune du canton de Garlin dans le Nord-Béarn n’abrite que 125 habitants. Le château actuel est une maison fondée au Moyen-Âge devenu relais de chasse sous Jeanne d’Albret. Elle prend sa forme actuelle au 17ème siècle, alors qu’elle était à la fois baronnie et abbaye laïque. Sa façade mesure près de 40 mètres. 1500m 2 sont habitables. Ses cuisines relèvent d’une grande importance avec la présentation de près de 5 siècles d’ustensiles. Le four à pâtisserie, par exemple, date de 1500.

Le château est le seul monument à conserver un ensemble intérieur d’époque (18ème) : cheminée en marbre d’Arudy, décors à l’italienne peints sur boiseries en châtaignier, salon mythologique, meubles basques et béarnais, sculptures gothiques, bibliothèques avec reliures anciennes, éditions rares et gravures incunables (10 000 livres dont 1100 imprimés avant 1800). Il expose également un brasero de 1660 utilisé lors du mariage de Louis XVI.

Autre particularité du château : ses papiers peints. Ils ont plus 150 ans et sont les premiers papiers peints de l’Histoire. Parmi eux, certains renvoient à l’univers de la marquise de Pompadour. Sa « volière » représente plusieurs dizaines d’oiseaux peints sur les murs.

Son parc de 25 hectares avec parterres à la française, parc à l’anglaise, jardins et vignes, abrite de vieux chais d’appellation Madiran et Pachenrec.



Montaner


Hormis l’église Saint-Michel qui date du 14ème, la principale attraction de Montaner est son château du bas Moyen-Âge (1374-1390). Il domine le Montanérès par son donjon de 40 mètres et offre une magnifique vue sur les Pyrénées et la Plaine de l’Adour.


La forteresse en brique rouge est construite entre 1375 et 1380 par Sicard de Lordat à la demande de Fébus. Il s’agissait de fortifier les frontières et de se protéger contre la Bigorre et l’Armagnac. En 1569, elle est conquise par les huguenots qui la conservent jusqu’en 1621.

En 1642, elle est menacée de destruction. Finalement, grâce au capitaine Henri Montesquieu d’Artagnan, le donjon devient prison. Tout bascule en 1803 quand un entrepreneur de démolition rachète le château pour en faire une carrière à matériaux. Face aux dégâts perpétrés, les habitants se révoltent. En 1840, le donjon est classé. Quatorze ans plus tard, le département des Basses-Pyrénées (ancien nom des Pyrénées-Atlantiques) achète ce qu’il en reste en vue de son sauvetage.

Il faut attendre 1983 pour que l’association Pierre et Vestiges fasse classer Monument Historique le château en son entier. La butte est désormais protégée.



Morlaàs


Morlaàs a été capitale du Béarn pendant deux siècles. En 1070, les vicomtes s’y installent et accordent aux habitants des privilèges importants : les Fors de Morlaàs. Les Fors sont le moteur du développement de la cité. Au début 12ème, la ville est aussi importante qu’aujourd’hui.

Le 11ème siècle voit la construction de l’église Sainte-Foy, classée Monument Historique. Au siècle suivant, un portail roman est érigé. Il figure l’Apocalypse de Saint-Jean. Deux incendies consécutifs le détruisent pendant les guerres de religion. Il ne sera restauré qu’au 19ème. A l’intérieur, les chapiteaux racontent l’histoire de Sainte-Foy. D’une riche famille agenaise, elle se convertie au catholicisme à 12 ans. Condamnée à mourir brûlée vive, elle est finalement décapitée.



Morlanne


La forteresse de Morlanne a été édifiée sur une butte par Fébus pour son frère naturel Arnaud-Guilhem vers 1370. Elle est entourée de douves. Elle devient baronnie en 1643 et vassale de la vicomté de Béarn. Elle possède également son abbaye laïque.

En 1947, Raymond Ritter achète le château en ruine. Après l’avoir restauré, il le lègue en 1971 (avec son intérieur) au département des Pyrénées-Atlantiques. Quatre ans plus tard, le château est classé Monument Historique.

À Morlanne, on trouve également l’église fortifiée Saint-Laurent, datant du 14ème et la Maison Belluix (maison de maître de fin 15ème-début 16ème) dans laquelle se trouve une formidable maison d’édition jeunesse, Les P’tits Bérets.



Navarrenx


Au 16ème siècle, Henri II d’Albret doit protéger son royaume face aux convoitises de la France et de l’Espagne. Navarrenx est un point stratégique. Il fait appel à l’architecte italien Fabricio Siciliano. Il transforme la bastide médiévale en place bastionnée novatrice. Elle est la première place bastionnée de France de style italien. La bastide médiévale en rectangle est rabotée pour en plan en tortue. Le bastion et les remparts sont élevés en quelques années. Ces derniers ont la particularité de n’avoir aucun angle mort, l’ennemi est visible de partout. Entre deux murs de pierres retenus par des traverses, il y a une large épaisseur de terre qui absorbe les vibrations en cas d’explosions ennemie. Les murs en sont plus solides. On ajoute bastions, orillons, demi-lunes et galeries souterraines. Des poternes permettent un ravitaillement rapide. Navarrenx peut résister à tous les assauts. D’ailleurs, en 1529, les remparts, défendus par un lieutenant de Jeanne d’Albret, le baron d’Arros, résistent à trois mois de siège. Puis, de mars à juillet 1569, les huguenots gardent la place face aux troupes françaises jusqu’à l’arrivée de Montgoméry.

La place bastionnée est renforcée par de nombreux bâtiments :

Casernes Saint-Antoine

Ce sont d’anciennes casernes militaires construites après les fortifications pour loger jusqu’à 500 hommes.

Porte Saint-Antoine

Elle est protégée par un orillon et ne peut être ni bombardée ni assaillie de front. Construite en même temps que les fortifications au XVIème. A l’origine, la porte était munie d’un pont-levis.

La Castérasse

Cet ancien château des vicomtes de Béarn est en ruines aujourd’hui.

Demi-bastion de la Clochette

Il protège la porte et le pont. Il possède un canon baptisé « Si you ti baü » (Si moi j’y vais). L’expression est devenue la devise de Navarrenx.


Église Saint-Germain

Elle est construite de 1551 à 1562. L’année suivante, Jeanne d’Albret en fait un temple protestant. En 1620, Louis XIII la rend aux catholiques. L’église Saint-Germain est de style gothique (sauf les chapiteaux qui sont romans), avec arcs décorés à la base de têtes sculptées et peintes, dont un de pèlerin de Compostelle. La tradition permet aux cagots d’accéder à l’église par une autre porte.

Maison dite de Jeanne d’Albret

C’est une demeure du 16ème avec une porte renaissance en anse de panier, surmontée d’un petit fronton triangulaire.

Bastion de Contremines

C’est une galerie souterraine qui fait le tour du bastion dans sa base.

Fontaine militaire

Elle est aménagée en même temps que les remparts. C’est le seul point d’eau de la place forte. L’ennemi ne pouvait la détourner. En 1952, une épidémie de typhoïde oblige la population à combler cette fontaine. Elle ne sera restaurée qu’en 1989.

Poudrière

La poudrière est un magasin à poudre. Construite en 1580 pour débarrasser les bas-côtés de l’église, elle peut contenir jusqu’à 25 000 livres d’explosifs.

Bastion des Échos

Un étroit escalier conduit à la Poterne de l’Abattoir qui ménageait une sortie de secours aux assiégés.

Arsenal

C’est l’ancienne demeure des rois. Il a eu un véritable rôle de stockage : armes, munitions et vivres.

Le pont de Navarrenx

Dès le XIIIème siècle, il permet de développer le commerce. Il est muni d’une tour. Une légende dit que le compositeur Franz Liszt serait venu à Navarrenx en 1828. Date incertaine justifiée par aucun document. En revanche, Liszt a séjourné à Pau en 1844, avec cette possibilité qu’il soit par Navarrenx.

De la même façon, une autre légende parle de Vauban. Il serait venu visiter la place bastionnée (et s’en inspirer). Un document signé prouverait cela. En fait, il est beaucoup plus probable que la signature soit celle d’un de ses lieutenants. En revanche, Vauban était ami avec le gouverneur de la ville, Paul de Batz-Castelmore, qui n’était autre que le frère de d’Artagnan.



Orthez

Ancienne capitale du Béarn, Orthez regorge de richesses. Hormis son pont et la Tour Moncade dont nous parlons dans la page Patrimoine Matériel, la cité invite à la curiosité historique avec son église, son Hôtel de la Lune et la maison de Jeanne d'Albret. Mère d'Henri IV, cette dernière a fait d'Orthez son point de chute constant.

Au cœur de la ville se situe l'église Saint-Pierre. Construite aux XIII et XIVème siècles, elle fut remaniée aux XVIème et XIXème siècles. En sortant, on aperçoit en haut du porche, une esquisse du peintre bayonnais Léon Bonnat représentant la décollation de Saint-Denis. Pas très loin de l'église, un square a priori anodin. Il loge en fait un bâtiment particulier, datant du XIIème siècle. Au départ église, il fut vite désaffecté et devint une Maison Commune pour les jurats de la ville.

L'Hôtel de la Lune, qui date du XVème siècle, est un refuge pour les pèlerins de Compostelle. La légende raconte qu'il abrita le chroniqueur Jean Froissart lors de sa venue en Béarn en 1388.

Incontournable et fierté orthézienne, la Maison de Jeanne d'Albret abrite aujourd'hui un musée du protestantisme. Elle date du XVIème siècle et est constituée d'un colombier, d'une tourelle et d'un jardin.



Pau -  ARTICLE EN COURS

Le château

Château est une ancienne forteresse féodale des vicomtes de Béarn. Il devient palais royal grâce à Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier, et Henri d’Albret, son mari, héritier de la couronne de Navarre.

Au 19ème siècle, Louis-Philippe et Napoléon III entreprennent sa restauration totale. Les appartements royaux sont aménagés : art décoratifs de la Monarchie de Juillet et du Second Empire.

Dans le château, il y a une importante collection de tapisseries du 16ème au 19ème siècles ainsi qu’une collection évoquant l’histoire et la légende d’Henri IV rassemblée dès 1945.

Boulevard des Pyrénées

« La plus belle vue de terre » pour Lamartine.

Label Ville d’art et d’histoire.



Le Portalet – Vallée d’Aspe

Situé entre 690 et 790m d’altitude, au-dessus du gave d’Aspe et des Gorges de l’Enfer, le Fort du Portalet (qui signifie Petit portail) compte plusieurs étages sur 2260m 2 ainsi qu’un chemin de ronde de 550 marches. Il est accroché aux flancs d’une falaise calcaire. Des guérites surplombant le gave en forme de cloche sont typiques du Fort. Aux cuisines, une motopompe du début 19ème permettait l’alimentation en eau.Décidé en 1842 par Louis-Philippe Ier, le Fort est achevé en 1870. Au départ, il devait être une caserne pouvant abriter jusqu’à 400 soldats dont le but était de protéger la frontière des Pyrénées contre les Espagnols en neutralisant la route du Somport. Seulement 25 la peupleront. Il était garni d’une dizaine de canons qui n’ont jamais été utilisés.

Durant la 1ère guerre mondiale, le Fort est gardé par quelques gardes territoriaux seulement. Dès 1925, jusqu’en 1939, il sert de colonie de vacances à des Bordelais. Lors de la 2ème guerre mondiale, il devient prison d’État (de 41 à 42). Le procès de Riom rend cinq hommes responsables de la défaite de 40 : Léon Blum, Édouard Daladier, Paul Raynaud, Georges Mandel et le général Gamelin. Reynaud prévoyant une évasion avait commencé à y cacher des cordages. A la fin de la guerre, c’est au tour de Pétain d’y est enfermé. Son séjour dure trois mois puis il est transféré à l’île d’Yeu.

En 1952, le 18ème RI s’y installe. Puis, le Fort est mis aux enchères. Jacqueline Fraiman l’acquiert pour 171 000 € avec un projet d’hôtellerie qui ne verra jamais le jour. Maudit ce Fort ? En 1999, la communauté des communes de la Vallée d’Aspe le préempte. Il est classé Monument Historique. La restauration débute seulement en 2005, avec notamment la reconstitution de la cellule de Gamelin.

Sources :

Le Fort du Pourtalet – Un patrimoine à sauvegarder, une mémoire à retrouver, un site à réhabiliter, Bernard Choy, dispo uniquement auprès de la Communauté.

Le Fort du Portalet, Mémoire collective en Béarn n°4, réédition 2009.

La République embastillée. Blum, Daladier, Gamelin, Mandel et Reynaud au Fort du Portalet (1941-1942).



Salies-de-Béarn

Comme son nom l’indique, Salies est la ville du sel. Son emblème est le sanglier car la légende raconte que lors d’une chasse, un sanglier blessé auparavant est retrouvé par ses chasseurs. Son corps gît à proximité d’une source. Ses soies sont recouvertes de sel. C’est le début de la richesse de la commune.

La source d’eau salée est intarissable. Elle appartient à 500 salisiens depuis 1587 (c’est toujours le cas aujourd’hui). Ils sont appelés les « Parts-Prenants ».

La commune regorge de merveilles : maisons typiques des 17 et 18èmes siècles, hôtels et palaces de la Belle-Époque, kiosque à musique, etc. Panel des incontournables salisiens.

Place du Bayaà

La place rend hommage au sanglier qui a apporté tant à la ville avec la Fontaine au Sanglier. Il aurait prononcé ces paroles : « Si you nou y eri mout arès n’y bibéré. » Ce qui signifie : « Si je n’y étais pas mort, personne n’y vivrait. »

La place recouvre la source salée depuis 1865. Une crypte est construite pour protéger la source mais aussi par souci d’hygiène.

Une voûte de pierre est soutenue par des piliers d’un mètre, posés sur des pieux de 8 mètres en châtaigner. On peut les voir grâce à des puits de lumière.

Les rues

La rue de la Fontaine Salée détient un bas-relief relatant la visite de Jeanne d’Albret en 1568.

Celle du Pont-Mayou présente une coulède ou auge en pierre qui servait à recevoir l’eau salée apportée par les tiradous. L’eau était transportée dans des rameaux ou des récipients en bois, pouvant drainer jusqu’à 92 litres.

Pont de la Lune

Il offre un point de vue sublime sur la ville et sur des maisons à colombage sur pilotis.

Musée du sel et des Traditions béarnaises

Il loge dans une maison du 17ème. Au rez-de-chaussée, un atelier de façonnage du sel initie les touristes.

Église Saint-Vincent

Grâce à son clocher, l’église était une tour de guet. Elle est fortifiée et participait ainsi à la défense de la ville.

Château Saint-Pé

Il est reconstruit fin 16ème. Au 17ème siècle y siégeait un tribunal pour sorcières. Aujourd’hui, le château est une propriété privée.

Maison de Michel de Bergeras

Bergeras était Maître Charpentier, ébéniste de l’École de Salies. Selon la légende, il descend d’une lignée de cagots.

Thermes

En 1857, le premier bâtiment est détruit par incendie. Reconstruit en 1888, son architecture est de style mauresque. Son image est construite sur les bienfaits  de l'eau salée (10 fois plus salée que l'eau de mer) : les thermes soignent les affections gynécologiques, les rhumatismes et gère la pédiatrie. 

Hôtel du Parc

Il est construit en 1893. Son hall est en forme de nef renversée. Il abrite le Casino depuis 1999.

Les Salines

L’eau salée d’Oraàs est déférisée et chauffée pour extraire le sel. Le jambon de Bayonne est salé avec ce sel, pour le label IGP (Indication Géographique Protégée).




Sauveterre-de-Béarn

Sauveterre est un ancien camp retranché. Aux 10ème et 11ème siècles, c’était un lieu de passage pour les pèlerins. En 1316, le bourg reçoit le statut de bastide avec un marché. Ses remparts sont capables de résister à l’artillerie à poudre et aux boulets métalliques. Des corbeaux supportent le chemin de ronde.

La cité médiévale devient la première cité bastionnée de France, un siècle avant Vauban. Elle comprend de nombreuses fortifications et des portes comme celle de Miqueu dotée d’un pont-levis, celle de Lester dont l’ogive a été remplacée par une passerelle et celle, fortifiée, du Datter (avec pont-levis et structure ogivale) qui ouvre la cité vers l’ouest.

Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges du château vicomtal de forme polygonale, probablement construit par Gaston VII. Fébus en fit une nouvelle résidence de chasse. Les guerres de religion eurent raison de ce château et fut détruit (1523 et 1569).

Hôtel de Ville

L’édifice restauré de style renaissance est la propriété des marquis de Nays, comtes de Salette. En 1972, la commune l’achète.

Église Saint-André

L’église est construite à la fin du 12ème. De style gothique, elle s’appuie sur des bases romanes. La nef est le symbole de cette transition entre roman et gothique. Elle est munie d’un très beau clocher, autrefois crénelé, de deux absidiales modestes et de voûtes sur croisés d’ogives. Très épurée, il n’y a aucunes décorations extérieures et seulement trois fenêtres longues et étroites. Sur le mur nord, le chrisme est inversé. Comme beaucoup d’église de cette époque, une porte était dédiée aux cagots. L’église servait aussi à la défense de la ville.

Tour Montréal

Elle doit son nom à une famille qui l’achète au début du 19ème pour la sauver de la destruction. C’est une tour de défense et d’habitat datant du 13ème. Elle fait 33 mètres de hauteur. Sur la face sud, des archères et grandes baies ont été installées. Cette tour est peut-être le donjon du château : une courtine les reliait.

Pont de la légende

Construit sous Gaston VII de Moncade en 1280. Fébus le remanie au 14ème. Il est le point de passage et de sortie vers la Navarre. Dotée d’un pont-levis, il permet de traverser le gave et d’accéder à l’île de la Glère.

Il doit son nom à cette légende : 1170 : la reine Sancie y est soumise au jugement de Dieu. Accusée d’avoir tué son fils nouveau-né, elle est jetée dans le gave.

1170 : Gaston V meurt. Sa veuve, Sancia, met au monde un bébé difforme. Le peuple l’accuse d’adultère et de tentative d’avortement. Elle est condamnée à prouver son innocence par le jugement de Dieu. Autrement dit, elle est précipitée pieds et poings liés dans le gave. Devant 3000 personnes, elle remonte à la surface et est donc innocentée.



Les bastides


Bastide de Nay

La bastide est fondée en 1302. Elle est la première à proposer une grande place centrale. Son plan est très régulier. A la fin du 15ème siècle, des murailles en galet sont édifiées. La place se borde de maisons sur deux côtés. La bastide est atypique pour le style architectural local de l’époque. Elle se base sur l’architecture italienne et est unique en Aquitaine. On y trouve des tours, un pigeonnier et des sculptures.

Le 28 mai 1543, un incendie ravage la bastide. L’église Saint-Vincent est reconstruite juste après dans un style gothique languedocien. A peu près dans le même temps, la Maison Carrée est construite sur le modèle des palais renaissance.

Au 19ème siècle, la bastide de Nay est surnommée le « Petit Manchester » pour sa production de textile. Elle est experte dans les techniques des espadrilles et du linge basque.


Bastide de Garlin

Garlin est à la fois sur une voie de transhumance et une voie romaine. En 1302, la vicomtesse Marguerite de Béarn crée la bastide pour renforcer sa présence près des terres anglaises. A part la place de Nay, celle de Garlin est plus grande que celles des bastides béarnaises. Elle est entourée par palissades, fossé et remblais et offre une vue imprenable sur le Vic-Bilh. Au 16ème siècle, elle devient un centre protestant actif. Au 17ème, les Capucins, dont le couvent borde la place, la font redevenir catholique.

La mairie est une demeure du 17ème, installée dans le château de Hiton. Hiton de Conchez était capitaine des Huguenots et fut anobli par Henri IV en 1591. Certaines maisons sont d’architecture 17ème avec des encadrements anciens en grès. Quant à l’église, au clocher carré, elle est de style néo-gothique.


Bastide d’Assat

La tradition veut que ce soit la plus ancienne bastide du Béarn. Elle aurait été créée en 1280 par le vicomte Dufort sous un autre nom. En 1391, elle est rattachée au village voisin dont elle porte le nom. Son type d’urbanisme est antérieur aux autres : les rues sont sinueuses et les murs en galet. Elles possèdent des « casalères », types de fermes accolées en agglomération ainsi qu’un pont suspendu du 19ème.

Assat abrite les vestiges d’un château datant probablement du 12ème siècle. Le château actuel est entouré de jardins et possède une tour-donjon construite au 14ème siècle. Il n’est aménagé qu’au 17ème.

L’église Saint-Sévère abrite six tableaux de l’école espagnole classés des 17ème et 18ème siècles.


Bastide de Lestelle-Bétharram

La bastide est créée en 1335 à la frontière de la Bigorre. Elle est composée de deux voies parallèles qui cernent la place carrée. Après avoir été emportée par le gave de Pau, l’église est reconstruite aux abords de la place. Le sanctuaire de Notre-Dame de Bétharram, haut-lieu de pèlerinage, est construit au 14ème siècle. Il est reconstruit au 17ème après avoir été détruite durant les guerres de religion. La façade classique de la chapelle date de 1650.

Le pont de Bétharram, inscrit aux monuments historiques en 1925, est un pont en arc datant de 1687.


Bastide de Montaut

Les vicomtes de Béarn renforcent leur contrôle en créant une bastide agricole à Montaut. En 1540, l’église, de style gothique, est érigée sur la place centrale. Pendant les guerres de religion, elle devient temple protestant et sera miraculeusement sera épargnée.

Les maisons témoignent de l’architecture rurale béarnaise en plaine de Nay, avec des cartouches sculptés en haut des portes. On trouve également de nombreux moulins, lavoirs, fontaines (celle de la place est en fonte), abreuvoirs du 17ème siècle.


Bastide de Bruges

Bruges est une voie de transhumance. Elle est bâtie selon la mode du 19ème avec des cartouches en pierre au-dessus des portes intégrés dans ensemble décoratif, se prolongent vers le haut. L’église garde de l’édifice initial son clocher massif fortifié, qui avait auparavant servie de tour de guet.


Bastide de Gan

La bastide est créée en 1335 par Gaston II de Foix-Béarn. Elle doit son nom à la riche cité commerciale flamande connue lors d’une expédition militaire. Au 16ème siècle, un incendie ravage le village. Trois maisons datent de la reconstruction, avec tourelle attenante abritant un escalier en vis (mode du 16ème) : maison d’Andoins, maison natale de Pierre Marca et capitainerie d’Arrac qui a des fenêtres à meneaux. Au centre de la bastide, une place carrée de 60m avec halle typique du 19ème est érigée.

La Porte de la Prison, qui date de 1371, est classée Monument Historique. Avant, la bastide était munie de herses et avait trois portes. Aujourd’hui, celle de la Prison est la seule.

Gan surfe sur l’explosion du thermalisme dans les Pyrénées et ouvre les bains de Broca à la mi-18ème.


Bastide de Rébénacq

La bastide est fondée en 1347 par Roger d’Arrévénac, lieutenant de Fébus. Les maisons ont été bâties ou reconstruites à partir des 17 et 18èmes siècles, mais surtout au 19ème. Quelques encadrements arqués témoignent des années 1600. Sur les façades des maisons, les portes sont ornées de heurtoirs en fer forgé, puis en fonte.

Le château de Bitaubé doit son nom à une famille béarnaise originaire de Gan. L’un de ses membres, Jean-Baptiste construit l’édifice en 1775.

Bastide d’Arzacq-Arraziguet

Un château est érigé sur une motte castrale au 11ème siècle. La bastide, de forme allongée, est une extension de ce château, aujourd’hui totalement disparu. Elle est restée un temps sous administration anglaise. La place à arcades abrite la Tour du Peich, qui selon la légende, aurait accueilli Louis XIII lors de sa visite à Pau. La tour circulaire est coiffée d’un dôme en ardoises appelé toit-bosse.

Au 17ème siècle, le village s’étend grâce à son marché agricole très réputé. L’église, édifiée en 1680, abrite une vierge à l’enfant en bois polychrome du 16ème, des vitraux de Maître Thiébaut et un Christ en croix. Éléments classés. Arzacq-Arraziguet comporte plusieurs maisons des 16, 17 et 19èmes siècles, deux fontaines en fer à cheval du 19ème et le Musée du jambon de Bayonne.


Bastide de Villesègue

Son nom vient de viela segura : ville sûre. Elle est fondée en 1339. Quarante ans plus tard, Fébus édifie un château féodal pour protéger la population et contrôler les voies de communication traversant son territoire. Au 16ème siècle, le château est déjà en ruine. Au 17ème, un nouveau château est érigé en forme de L : le Castet e Bianne.

L’église est restaurée et agrandie au 19ème. Le style de la chapelle sud laisse penser à l’existence d’une église paroissiale antérieure à la bastide.




Quelques auteurs béarnais


En français ou en béarnais, les auteurs du pays nous font partager leur goût de la culture béarnaise. Coup d'œil sur certains d'entre eux.



Le tonnerre sous le lac

Ouvrage de Claude Guilhamet, auto-édition, 2012.

« Trois quarts de siècle. Trois quarts de siècle, voilà ce que je viens de parcourir. Aujourd’hui, bien installé dans ma maison de campagne, je regarde derrière moi, avec ces questions, toujours celles que l’on se pose à l’orée de sa vie. Une vie qui passe tellement vite.

Ceci n’est pas un bilan, plutôt une tentative de réponse à ces questions. Mon enfance dans les familles d’accueil à faire mille bêtises. Mon adolescence chahuteuse chez les mécanos. Le service militaire et la guerre d’Algérie, comme une blessure à vif que je n’ai jamais su cicatriser. Mes mariages, mes enfants, mes petits-enfants. Autant de personnes qui donnent sens à une vie et qui font que cette dernière passe parfois aussi simplement qu’une main caresse la surface de l’eau. »

Claude Paul Guilhamet livre dans ce roman le récit de son existence. Avec ses hauts, avec ses bas, ses grands bonheurs et ses petites joies, ses victoires autant que ses défaites. Des espiègleries d'enfant aux responsabilités d'adulte, un petit ruisseau d'humanité vient rouler à nos oreilles pour nous emporter dans le tourbillon de la vie. Il a été aidé par sa fille, Aurore Guilhamet, présidente des Béarnais de Paris et écrivaine-biographe, directrice de la société d'écriture Infini Romance.

Vous pouvez commander cet ouvrage directement par courriel au pris de 10€.



Section Paloise 1964, de l'enfer au paradis

Ouvrage d'Yves Coup, avec la participation de Jean-Paul Basly, préface de François Moncla, aux Éditions La Biscouette, 2014.

1964, la Section Paloise est sacrée championne de France. Elle vient de battre Béziers sur le score sans appel de 14 à 0. La saison avait pourtant très mal commencé. Larges défaites, désorganisation totale, le club parvient à sortir la tête de l'eau grâce notamment à son entraîneur Théo Cazenave et au préparateur physique Jo Camborde, arrivé en cours de saison. Se hissant jusqu'aux phases finales, la Section Paloise déjoue tous les pronostics, jusqu'à la victoire finale.

Très bien documenté, Yves Coup raconte cet exploit. Photos d'archives, témoignages, détails de jeu, tout est décrypté dans ce livre indispensable à tous bons supporters palois. On y retrouve l'émotion que nous venons de ressentir il y a quelques semaines, pour le retour de Pau dans l'élite du rugby français.



Les poilus du Béarn en 14-18

Ouvrage de Gérard Moutche, aux Éditions Amis de Nay et de la Batbielle 2014.

Sur les 60 000 béarnais partis au front, 10 000 ne revinrent jamais au pays. Gérard Moutche raconte l'histoire de ses hommes, réputés intrépides et dont les noms jalonnent les monuments aux morts de nos villes et villages. Recoupant les sources, il détaille la vie de ses soldats : leur métier (majoritairement des agriculteurs), leur environnement familial et leur carrière dans l'armée française. Parfaitement documenté, l'auteur livre des statistiques importantes et précises sur les conditions des décès de nos soldats : quels âge avaient-ils ? Où sont-ils morts ? Quels villes béarnaises ont été les plus touchées ? Les raisons des décès ? Il nous parle également des fonctions des soldatsdans l'armée : aviateurs, agents de liaisons, prêtres, ... Ainsi que leur destin : tués, fusillées, suicidés, déserteurs, etc. Une mine de renseignements.

Le 25 janvier 1915, 187 béarnais du 18ème régiment meurent lors d'une bataille dans l'Aisne. En moyenne, ce sont six béarnais qui disparaissent par jour tout au long de la guerre. De nombreuses correspondances nous renseignent sur le quotidien de nos soldats et leur état moral. Chaque événement, chaque bataille est agrémentée de la présentation d'un soldat, souvent avec photo. Ce qui a le don de nous sensibiliser davantage aux horreurs de la Grande Guerre. Surtout quand on lit un nom connu. Le livre est d'ailleurs accompagné d'un CD contenant un fichier de tous les noms des béarnais disparus en 14-18.


Heur et Malheur de guerre d’une famille béarnaise

Ouvrage d'André Hourmilougué, aux Éditions Mon Hélios, 2014.

L’année dernière, la France célébrait le centenaire de la Première Guerre Mondiale. Un dramatique souvenir de l’Histoire de notre pays qui a fait plus de dix millions de morts. Dans son livre, André Hourmilougué rend hommage aux soldats de cette guerre et à tous ces jeunes béarnais qui durent quitter leur paisible ferme pour la violence des tranchées. Prenant en exemple sa propre famille, il démontre comment les familles sacrifièrent leurs enfants à la patrie. De simples fermiers, jeunes et pleins de vie, condamner à tenter de survivre au cœur des tranchées, sur des terres inconnues. Extrêmement bien documentés, André nous parle des conséquences de la guerre sur huit enfants. Louis, Justin, Charles, Victor et les autres. Parcours d’une jeunesse sacrifiée dans deux guerres mondiales.

André Hourmilougué est né à Sauvettere-de-Béarn. Il a fait carrière à Paris dans les télécommunications. De fonctionnaire à ingénieur général. Il vit désormais en région parisienne et ne reviens que rarement en Béarn. C’est un défenseur de la langue béarnaise qu’il aime pratiquer. Il est membre de l’Académie de Béarn.



De la blanche sur le Somport

Ouvrage de Claude Castéran, aux Éditions Cairn, 2014.

Manu, jeune étudiant, s’ennuie. Il rêve d’aventures. Quand un homme lui propose de devenir « taxi » pour le compte du dealer Monsieur André, il saute sur l’occasion. Inconscient du danger, il pense simplement se faire un peu d’argent et vivre autre chose que ses études plates. L’amateur va vite se faire prendre par la police et devenir leur indic. Un double-jeu que son inexpérience condamne. Entre la police, son boss et les querelles entre gangs, Manu se retrouve au cœur d’un système qui le dépasse totalement. De Paris à l’Espagne, en passant par le Béarn (Navarrenx, Fort du Portalet, Oloron), Manu se fait des amis, des ennemis et tombe amoureux.

Immersion dans un Béarn vu par les yeux d’un parisien pure souche. On traverse le Béarn et redécouvre ses personnalités distillées dans ce polar de chez nous. Dans une écriture fluide, Castéran nous embarque dans l’univers imprévisible de son anti-héros Manu.




Les conquêtes de Florimont de Lesparre

Ouvrage de Liliane Galon, aux Éditions des Régionalismes, Pyrémonde, 2012.

Lilane Galon est née à Toulouse en 1949. Béarnaise par sa mère, elle partage sa vie entre Lesparre, Paris et Salies-de-Béarn. Passionné de langue gasconne et d’histoire, elle raconte dans ce roman l’histoire de Florimont, sire de Lesparre.

Ce seigneur, valeureux chevalier, rêve d’aventures et de combats. Il n’hésite jamais à se lancer dans une bataille. Fidèle au Prince Noir, fils d’Edouard III d’Angleterre, il part en Terre-Sainte reconquérir les terres gagnées par les Sarrasins. Il y rallie le roi de Chypre, Pierre Ier de Lusignan, détesté par ses sujets, cruel, autoritaire et injuste. Là-bas, il rencontre Éléonora, la reine et femme de Pierre. Ils tombent éperdument amoureux, chacun oubliant leurs responsabilités conjugales respectives. Face à la médhanceté de son mari, Lesparre n'a d'autres choix que de provoquer un duel contre lui, le roi. Scandale dans toute l'Europe médiévale. LA fée Mélusine joue de ses pouvoirs pour empêcher le combat.



Vachement bon !

Ouvrage d'Henri Combret, aux Éditions Henri Combret, 2012.

Henri Combret est le spécialiste de la gastronomie béarnaise. Pas moins de dix ouvrages à son actif, parmi lesquels "Foie gras, tentations", "L'esprit gascon", "Autour du vin" ou encore "Vachement bon". Défenseur inconditionnel de la gastronomie du sud-ouest, il exporte les idées et recettes à l'étranger (Japon, Etats-Unis, Russie), tout en expliquant la dangerosité de la malbouffe.

Son dernier livre, dont le titre complet est "Vachement bon ! C'est à voir" pointe la standardisation de la cuisine d'aujourd'hui. Il y dénonce nos méthodes actuelles, la perte du goût et pousse un cri d'alarme sur le devenir de nos papilles. De tout son cœur, Combret s'engage pour la reconnaissance des produits du terroir, notamment béarnais, comme le fromage, le jambon ou la viande issue de nos vaches blondes. En prime, une cinquantaine de recettes oubliées, parmi lesquelles celles de l'asinat, des abignades ou encore des tricandilles.

Notices explicatives des livres "Foie Gras, tentations" et "Autour du vin".


Le Béarn des Mousquetaires

Ouvrage de Joseph Miqueu, aux Éditions du Cercle Historique de l'Arribère, 2012.

Sorti des mousquetaires contés par Alexandre Dumas, que savons-nous réellement de ces soldats du roi ? Savions-nous seulement que la plupart d'entre venaient du Béarn ? Dans ce livre, Joseph Miqueu s'applique, documents à l'appui, à faire découvrir les origines des plus connus (Porthos, Aramis et Athos) mais livre également une photographie de ce qu'était la vie béarnaise au XVIIème siècle.

Nous apprenons tout sur le contexte social, économique, culturel, politique et militaire de l'époque, sur les abbayes laïques, la ville de Navarrenx, les seigneuries béarnaises et surtout sur nos chers mousquetaires. La réalité, bien loin de Dumas, d'Isaac de Portau, d'Armand de Sillègue et d'Henri d'Aramits. Nos trois héros qui ne seraient rien sans leur capitaine, le comte de Troisvilles.



En avant ! Tribulations d'une béarnaise.

Ouvrage de Danièle Hoô-Alluin, aux Éditions du Ver Luisant, 2011.

Danièle Hoô-Alluin reprend la devise de Gaston Fébus pour nous parler de ses tribulations entre 1941 et 1981. Pure béarnaise, elle est née en 1941 dans le petit village d'Espéchède. Elle grandit au pays jusqu'à son départ pour l'Algérie où elle s'enrichit de rencontres et de ce tout nouvel environnement. Danièle consacre sa vie à l'enseignement et à sa famille qu'elle emmène régulièrement en voyage, à la découverte du monde. Dans le même temps, elle se prend de passion pour la peinture et devient une artiste reconnue.

Tout au long de sa vie, elle est confrontée à de rudes épreuves qu'elles affrontera avec l'esprit béarnais que nous connaissons. Dans son livre, Danièle raconte ses expériences, ses voyages et ses amours. Et surtout, comment elle est parvenue à se faire une place dans la société béarnaise actuelle.

Cliquez ici pour en savoir plus.



Pyrénées

Ouvrage d'Henri Lefebvre, aux Éditions Cairn, 2000.

La couverture ne fait pas le livre. Pour cet ouvrage, il ne faut surtout pas s'arrêter à son design hors du temps. Il faut se plonger dedans. Lefebvre, sociologue et philosophe amoureux fou des Pyrénées, parle dans ce livre des régions pyrénéennes, de leur histoire et des hommes. C'est d'ailleurs ce qui motivait son écriture : les hommes. Pour lui, pas de Pyrénées sans Pyrénéens.

Lefebvre nous fait découvrir les cultures des Pyrénnées, du Pays Basque aux Pyrénées Orientales, en passant bien sûr par le Béarn. L'ouvrage est ponctué d'instants philosophiques et est une porte ouverte sur la réalité sociologique du monde pyrénéen.




Le loup, l'ours et le Pastou

Ouvrage de Louis Espinassous, aux Éditions Cairn, 2005.

Louis Espinassous est un amoureux de la nature et surtout des Pyrénées Béarnaises. Comme un hommage à cette faune qu'il aime tant, il a parcouru les vallées d'Aspe, d'Ossau et de Barétous à la recherche d'histoires traitant soit d'ours, soit de loups, soit de pastous, ces chiens gardiens de troupeaux. Il en ressort cet ouvrage emplies de témoignages fascinants, de tête-à-tête improbables, presque de légendes. Les conteurs viennent d'une des trois vallées et leur âge varient de 15 à 80 ans.

Ci-dessous, un extrait de la partie réservée à l'ours face à la brebis.



Voyage au Pic du Midi de Pau

Ouvrage de Guillaume Delafau, aux Éditions Cairn, 2000.


Le 3 octobre 1796, Guillaume Delfau parvient au sommet de l'Ossau (2884m), anciennement Pic du Midi de Pau. Il a seulement 30 ans. Dans ce court texte, il raconte son ascension, avec son guide Matthieu, berger aspois, et médite sur les dangers encourus pour parvenir là-haut et pour en descendre. Certain d'y mourir, il jure de ne plus jamais tenter de gravir la montagne. Pourtant son récit évoque bien des bonheurs, comme la rencontre avec des chamois, la beauté des paysages enneigés et la flore pyrénéenne.


Ce texte est l'un des plus rare de la littérature pionnière pyrénéenne, il date de 1797.